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8 mars 2018

8 mars: Journée de la femme

" Je n'avais que moi en qui croire " - Chantal Roussel

Pour souligner la journée de la femme le 8 mars, quelle belle occasion pour présenter l’éditrice des trois éditions de L’Information du Nord, Chantal Roussel. Une volonté de réussir.

Ronald Mc Gregor , journaliste

Chantal Roussel croit fort que L'Information du Nord est le média le plus "in" des Laurentides. Que la personne qui n'est pas d'accord se lève.
Chantal Roussel croit fort que L'Information du Nord est le média le plus "in" des Laurentides. Que la personne qui n'est pas d'accord se lève.
© Photo Information du Nord - Ronald Mc Gregor

Rencontrée à son bureau de Mont-Tremblant, la première question qui s’impose, c’est d’où vient la flamme des affaires. « Jeune, dans les Jeannettes, on avait des boites de fleurs à vendre pour un fonds et c’est là que j’ai su que j’étais bonne là-dedans. » L’Unicef, sa mission, la touchait aussi. « À l’Halloween, avec les boites, beaucoup d’enfants avaient de la difficulté à trouver de l’argent. Moi, je m’étais fait une ceinture de boites d’Unicef, car ce n’était pas difficile. J’avais cette facilité de quémander, surtout pour des gens moins nantis, que j’étais. »

Les gens d’affaires, souvent la réalité qui est aussi le cliché, ont la mallette à la main. Chantal Roussel se souvient de s’être promenée avec une mallette imaginaire, informant sa mère que, dorénavant, elle est une femme d’affaires. Contrairement aux autres de son âge qui rêvent de médecine, de coiffure ou de secrétariat, elle veut bosser dans les affaires. Sa mère, dans les années 70, ne comprenait pas « d’où elle sortait », car personne dans son entourage n’était lié directement aux affaires.

La bosse des maths

Chantal Roussel poursuit son rêve et va étudier en administration, matière qu’elle avoue ne pas avoir appréciée, malgré l’amour des mathématiques. « Je suis bonne en maths, en français et j’ai toujours eu un côté artistique. Par contre, l’administration était le préalable pour le marketing. Et ça, ça me tentait. » Suivent les années d’études en cette matière et la publicité et du travail dans l’assurance.

À 27 ans, elle démarre à zéro, son bureau d’assurance, alors que l’on disait c’était impossible de le faire. À l’époque, c’était plutôt des acquisitions de bureaux qui étaient la norme. « Je n’avais pas d’argent, que 5 000$ que j’avais amassés de peine et de misère, étant monoparental, pas de soutien financier de la part du père. Je n’avais que moi, en qui croire. Comme j’avais la bosse des ventes, dont huit ans au groupe Godard en tant que courtier d’assurances, j’ai laissé tomber et j’ai travaillé un an au journal Le Choix des Hautes-Laurentides et j’ai parti mon bureau d’assurance. »

Est-ce qu’il y a plus de femmes en affaires depuis quelques années ? « Les femmes des années 70 ont ouvert le chemin. Tout est ouvert pour les femmes. Je ne suis pas de celles qui vont crier que l’on doit se battre pour une place parce que ç’a été fait avant. Nous avons cette chance et toutes les possibilités, autant au niveau des subventions, des soutiens et du mentorat, tout est bâti maintenant pour les femmes comme les hommes. Tout est possible pour une femme. » Chose qu’elle savait difficile il y a une vingtaine d’années et qu’elle illustre par des exemples vécus dans des centres d’aide aux entreprises. « On me demandait ce que je faisais là. »

Elle en a bavé un coup Chantal Roussel ? « Clairement ! » dit-elle trois fois. « Je me suis fait dire: "Va t’occuper de ta fille, reste en arrière de tes chaudrons." »

Femmes vs hommes

Une femme d’affaires aujourd’hui, c’est encore le sujet de farces plattes de la part des hommes ? « Ça existera toujours. Il y a des mondes plus attitrés aux hommes, comme quand j’étais dans les assurances. Il y a des endroits où l’homme n’aura pas à se battre comme une femme. Est-ce qu’elle va réussir à se faire une place ? J’y crois, sinon je ne serais pas assis ici. »

Elle croit que la femme d’affaires s’exprime souvent avec des émotions tandis que l’homme frappe son poing sur la table. « Une femme qui taperait sur la table, on dirait qu’elle est folle. » On imagine l’image et c’est malheureusement souvent le cas.

Au journal

Il y a deux ans, Chantal Roussel avait postulé pour le poste d’éditrice à L’Information du Nord, sa candidature retenue, elle a refusé le poste jugeant une clause de l’entente absente de ses principes. Aujourd’hui, elle est propriétaire et éditrice des trois journaux de la bannière depuis l’automne dernier. Avec elle, Sonème Hebdo.

Ce qu’elle aime d’un média papier, c’est l’aventure humaine. Travailler de près avec les gens dans une entreprise qui fait clairement la différence dans la communauté. Elle est consciente, par contre, que sans une équipe, le journal n’est rien. « Pour moi, le journal n’est pas moi. Si je n’ai pas mon équipe, honnêtement, je ne suis pas grand-chose. Le journal, c’est ce que tu écris, ce qu’elles vendent, c’est ce que l’on crée ensemble. C’est la communauté. »

Conseils aux futures femmes d’affaires

Que conseille-t-elle aux femmes qui voudraient se lancer en affaires ? Croire est au-dessus de tout pour l’éditrice. « Je me dis qu’il faut être un peu fou pour se lancer en affaires, mais je pense que croire, chronologiquement, est la première des choses, croire peu importe ce que l’on dit. Je ne sais pas combien de personnes j’ai rencontré qui étaient des éteignoirs. Qui te cassait en miettes quand tu leur disais que tu avais un beau projet d’affaires. »

Elle avoue même que de tels propos sont survenus lorsqu’elle parlait d’acquérir le journal. Et regardez où elle siège aujourd’hui !

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Ronald Mc Gregor , journaliste

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