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28 juillet 2018

Au sommet de l’église de La Minerve depuis 112 ans

La cloche du curé Labelle était parrainée par Alphonse Chapleau

En fin de compte, tous les éléments sont là pour dire que la cloche de la colonisation de l’église de La Minerve fut achetée par le ministre Adolphe Chapleau lors d’une loterie nationale pour aider les élans de la colonisation du curé Antoine Labelle en 1884.

Ronald Mc Gregor , journaliste

Le prêtre collaborateur Jean-Claude Pelletier posait l’an dernier auprès de la cloche de la colonisation, fondue en 1884 à la demande du curé Labelle, et qui fut acheté par un éminent personnage historique de la région.
Le prêtre collaborateur Jean-Claude Pelletier posait l’an dernier auprès de la cloche de la colonisation, fondue en 1884 à la demande du curé Labelle, et qui fut acheté par un éminent personnage historique de la région.
© Photo Information du Nord – Ronald Mc Gregor

Dans un article publié dans nos pages l’an dernier, le responsable de la Société d’histoire Chute-aux-Iroquois, Gilbert Cholette, relatait l’histoire derrière cette loterie nationale, peut-être la première au Québec.

«Vers 1884, afin de venir en aide à la colonisation, le curé Antoine Labelle veut instituer une loterie nationale, un projet initial de 500 000$. Ce projet prend force de loi au gouvernement en juin 1884. Cette loterie sera de courte durée, environ deux années, mais elle avait permis d’accumuler une certaine somme d’argent. En 1887, le curé Labelle décide de se servir d’une partie de cette somme pour acheter dix ou onze cloches pour les distribuer à ses paroisses du Nord.»

La cloche aurait fait un séjour à Labelle, le temps que l’établissement religieux à La Minerve soit construit, bien que cette information pourrait découler de tradition orale selon le résultat d’une discussion tenue entre M. Cholette et Marie Dallaire, qui a alerté ce dernier et le journal sur la provenance de la cloche.

«Considérant que la cloche fut bel et bien destinée au canton de la Minerve, non à la paroisse, considérant qu’à l’époque où elle fut transportée dans le Nord, l’église de la Minerve n’était pas encore construite, et pour toutes sortes de circonstances couplées à certaines dates que j’ai pu retracer et valider, nous en sommes venus à conclure sommairement que la cloche a pu simplement être "entreposée" quelque part à la Nativité, en attendant d’être définitivement acheminée au lieu où elle était destinée depuis son origine. C’est une hypothèse et pour la confirmer il faudrait étudier les chroniques religieuses du temps ou les registres municipaux.» 

Puis, la cloche est installée pour quelques années sur une plate-forme de bois chez Léon Dumay, un cultivateur d'origine française. C’est en 1900 qu’elle est déménagée dans le cimetière près de la chapelle. Enfin, six ans plus tard, elle est montée au clocher de l’église où elle carillonne depuis 112 ans. Sur cet élément historique, on peut y lire en majuscule gravée, d’un côté, "M.C. Shane Bell Foundry Henry MC. Shane et Co. Baltimore MD. Trade Mark 1887" et de l’autre côté, "Adolphe. Colonisation. 1887." On reconnaît ici Adolphe Chapleau, avocat, Premier ministre du Québec puis ministre fédéral, ainsi que fondateur du célèbre club Chapleau au lac du même nom, à La Minerve.

Preuves de la provenance

Marie Dallaire, piquée par la provenance de la cloche, a fait des recherches et tomba sur le texte "Onze nouvelles paroisses", publié dans le journal Le Nord de Saint-Jérôme, le 10 mars 1887. On peut lire parmi la liste des parrains de cloches, que «l’honorable M. Chapleau a également offert une des cloches; elle portera l’inscription Adolphe, Colonisation.» Tout concorde avec les gravures sur la cloche. Quelques mots plus loin, le journaliste écrit que l’une des cloches est destinée au canton Minerve (Lynch et Marchand sont aussi cités). «Il m’a fallu bien des heures de recherche, de lecture, d’échange avec la Société d’histoire de la Rivière du Nord, et tout ce travail de fouille (incomplet) a découlé de mon questionnement de départ sur l’origine de l’inscription " Adolphe. Colonisation"» de conclure Mme Dallaire.

Reste maintenant à voir s’il sera possible de restaurer la base en bois pourri de la cloche avant qu’un désastre apporte une fin déplorable à cet objet d’histoire des Laurentides, et quelque part, du Québec.

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Ronald Mc Gregor , journaliste

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