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1 août 2018

Pas facile d’embaucher de nouveaux médecins dans Antoine-Labelle

Par Kathleen Godmer. Sylvain Pagé, député de Labelle, porte-parole du Parti Québécois (PQ) en matière de Santé publique et aussi membre du nouveau Comité Vigie d’Antoine-Labelle, invitait les médias, le 16 juillet, à un important point de presse concernant la desserte des soins et services de santé sur le territoire.

Catherine Gariépy, Vanessa Tourangeau, Maxime Piché, Zheping Hu et Florence Beaulieu Doré, cinq médecins finissants qui désirent s’établir et pratiquer dans la région.
Catherine Gariépy, Vanessa Tourangeau, Maxime Piché, Zheping Hu et Florence Beaulieu Doré, cinq médecins finissants qui désirent s’établir et pratiquer dans la région.
© Le Courant des Hautes-Laurentides – Kathleen Godmer

Il était question de la difficulté d’obtenir des autorisations de pratique pour les médecins finissants qui désirent s’établir dans la région. Sylvain Pagé, les docteurs Pierre-Marc Bilodeau et Luc Laurin, le préfet et le vice-préfet de la MRC d’Antoine-Labelle, Gilbert Pilote et Georges Décarie, plusieurs membres du Comité Vigie Santé d’Antoine-Labelle et autres élus ont participé à la rencontre.

Ils ont pris la parole puisque beaucoup d’incertitude plane en ce qui concerne les autorisations de pratique qui pourraient être accordées aux sept finissants en médecine qui, sous peu, auront terminé leur résidence dans les centres hospitaliers de la région. Ces derniers ont tous confirmé, dans une lettre d’intention, leur intérêt à vouloir pratiquer sur le territoire d’Antoine-Labelle. Cinq d’entre eux, Catherine Gariépy, Vanessa Tourangeau, Maxime Piché, Zheping Hu et Florence Beaulieu Doré, étaient présents à la rencontre.

«La majorité d’entre nous sommes natifs de la région et avons un fort sentiment d’appartenance. C’est important pour nous de revenir s’établir et travailler ici. On veut redonner à notre communauté d’origine. Ceux d’entre nous qui viennent d’ailleurs se sont aussi attachés à la région au cours de leur résidence des deux dernières années», expliquait Vanessa Tourangeau, finissante en médecine.

De grands besoins

Le but de cette réunion était de faire une intervention forte qui s’adresse essentiellement au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et qui aura comme suite la rédaction d’une lettre, faite par le Comité Vigie, lui expliquant la situation de notre région et le conviant fortement à offrir aide et soutien.

En début de rencontre, le Dr Pierre-Marc Bilodeau a annoncé qu’il venait tout juste de recevoir la confirmation que quatre nouveaux médecins seront engagés et pourront poursuivre leur pratique dans la région dès janvier prochain. Il y aurait aussi une possibilité d’embauche pour deux médecins finissants de plus, mais de ce côté, rien n’est encore confirmé.

M. Bilodeau affirmait que les discussions ont été ardues et que l’obtention de plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), qui visent à assurer à la population une plus grande équité d’accès aux services médicaux, reste très difficile.

Toutefois, avec les départs à la retraite, la région se retrouve dans une situation embarrassante puisque les besoins minimaux actuels sont de sept médecins et qu’on prévoit cinq autres départs à court terme. La situation a été évaluée en collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides et même en engageant les sept finissants désirant rester ici, il y aurait encore des besoins à combler.

Une réalité différente

L’aspect «prise en charge des patients» semble la plus problématique puisque la clientèle régionale est vieillissante donc plus «demandante» face aux besoins de soins et de suivi. Concernant le volet hospitalisation, autant du côté de Mont-Laurier que de Rivière-Rouge, il y a manque de personnel et on en est à considérer un mécanisme de dépannage.

Sur le plan de l’urgence, on accepte déjà depuis un certain temps de se serrer les coudes et de faire plus d’heures de travail afin d’éviter les ruptures de service, mais l’inquiétude devient l’épuisement du personnel qui pourrait entrainer une baisse de la qualité des services.

«Aucun jeune médecin ne pourra en remplacer un de ma génération. Les médecins comme moi, ont une clientèle d’environ 2000 patients. La réalité du métier n’est plus la même. Les nouveaux médecins doivent avoir une formation plus spécialisée car la médecine évolue et devient plus complexe. Ils veulent aussi offrir une pratique de proximité et un suivi plus personnalisé et sont conscients de l’importance de se réserver du temps et une belle qualité de vie s’ils veulent avoir une longue carrière», conclut le Dr Luc Laurin.

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