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1 août 2018

Québec aidera Antoine-Labelle à mieux retenir les immigrants

Par Simon Dominé. Zone Emploi a reçu 75 807$ du gouvernement du Québec le 20 juillet dernier, pour mieux assurer l’établissement durable de personnes immigrantes dans la MRC d’Antoine-Labelle.

L’organisme Zone Emploi d’Antoine-Labelle obtient des fonds de Québec pour faciliter la rétention des personnes immigrantes.
L’organisme Zone Emploi d’Antoine-Labelle obtient des fonds de Québec pour faciliter la rétention des personnes immigrantes.
© Photo – pexels.com

L’organisme d’employabilité Zone Emploi d’Antoine-Labelle fait partie des sept organismes des Laurentides qui se partagent une enveloppe de 1,1 M$ de la part du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Ces sommes sont investies afin d’attirer et retenir la main-d’œuvre étrangère dans la région, dans un contexte marqué par une forte croissance économique, un taux de chômage historiquement bas et le départ de plus en plus massif des baby-boomers à la retraite. Le gouvernement de Philippe Couillard estime que d’ici dix ans, 1,3 million de postes seront à pourvoir au Québec. Pour lui, l’immigration fait partie des solutions pour assurer le développement économique des régions et soutenir la croissance des entreprises.

Pénurie de main-d’œuvre

Directeur des services et des programmes à Zone Emploi d’Antoine-Labelle, David Bolduc n’était pas en mesure de fournir de statistiques précises sur les besoins locaux de main-d’œuvre, mais il rapporte que de plus en plus d’employeurs sont sur le qui-vive à ce sujet.

«Dans une région comme la nôtre, le vieillissement de la population se fait encore plus sentir qu’ailleurs, a-t-il rappelé. On va avoir beaucoup de départs à la retraite, beaucoup moins de personnes pour remplacer. On voit déjà cette pénurie qui commence à se faire sentir. On a affiché des postes cette année comme on n’a jamais affiché. (…). J’étais au souper de la Chambre de commerce, j’ai fait le tour des tables et les employeurs qui étaient là, leur préoccupation majeure, c’était l’enjeu de la main-d’œuvre. »

En 2017-2018, 485 postes ont été proposés dans la région sur le site web de Zone Emploi, dont 53% ne nécessitaient aucun diplôme. De quoi faire dire à M. Bolduc que des emplois dans la région, il y en a plus qu’on ne le pense. Mais comme il le souligne, ce n’est toutefois pas si évident que ça de les combler: «Aux mercredis de l’emploi, on (…) a quand même eu cinq employeurs qui offraient des emplois. Des vrais emplois là, pas des faux. Pas genre, j’accumule les CV. Ils avaient des emplois à donner. On avait une cinquantaine ou une soixantaine de personnes qui se sont présentées. C’est pas beaucoup là! Pour cinq employeurs qui avaient une vingtaine de postes à combler. C’est particulier. Comment ça se fait qu’il n’y a pas eu plus de monde, si on dit que les gens cherchent de l’emploi? C’est une réflexion qu’on a nous aussi. On recommence, on en fait un en octobre et on en fait deux au printemps prochain».

Le vent tourne en faveur des employés

Une des explications pourrait se trouver dans la différence qui peut exister entre ce que les employeurs sont disposés à offrir comme conditions de travail et ce que les gens sont prêts à accepter. Devant la pénurie de main-d’œuvre qui affecte déjà tous les domaines, les employeurs n’ont plus forcément le gros bout du bâton. Selon ce que rapporte M. Bolduc, plusieurs employeurs ont d’ailleurs le sentiment que c’est désormais à eux de faire leurs preuves lorsqu’ils passent quelqu’un en entrevue. «J’avais jamais entendu ça», lance M. Bolduc.

C’est dans ce contexte que Zone Emploi, en parallèle d’autres programmes comme «Place aux jeunes en région» ou «Accueil Carrière», devrait travailler dans les prochaines années à essayer de rameuter plus d’immigrants pour répondre aux besoins du marché.

Lors du dernier recensement effectué par Statistique Canada en 2016, on apprenait que seulement 1,2% (440 personnes) des résidents de la MRC d’Antoine-Labelle (35 243 personnes) étaient issus de l’immigration, en provenance d’abord de l’Europe, des Amériques ensuite, puis de l’Afrique et enfin de l’Asie.

Une «augmentation claire» d’immigrants

Mais à en croire M. Bolduc, ils seraient depuis plus nombreux à tenter leur chance dans le coin. «On le voit depuis un an et demi, deux ans, rapporte-t-il. Il y a une augmentation claire. Juste dans notre clientèle régulière, les gens qu’on a rencontrés, il y a une augmentation de ce type de clientèle-là, qu’on ne voyait pas avant. (…). Avant, on ne documentait pas ça, parce que c’était marginal et ça ne servait à rien, parce que si on avait trois ou quatre personnes par année c’était beau, mais là on l’a senti.»

Mais entre tenter sa chance dans la MRC d’Antoine-Labelle et s’y établir pour de bon, il y a une marge. «Les gens quittent souvent parce qu’ils n’ont pas de lien d’attachement avec la région, explique M. Bolduc. Notre rôle, ça va être de créer ce lien d’attachement-là avec les municipalités, entre autres. (…) c’est un petit milieu, les gens se connaissent beaucoup, alors ce qui arrive c’est que ces personnes-là se sentent isolées. Des fois, elles arrivent ici, elles n’ont personne à qui se référer. (…). Même un Québécois qui est de l’extérieur. Un Tremblay qui arrive ici à Mont-Laurier et qui n’est pas de Mont-Laurier, il a de la misère des fois à s’intégrer. Alors on s’imagine quelqu’un qui a un nom qui est dur à dire et qui en plus est d’une autre nationalité.»

Zone Emploi planche donc depuis le mois d’avril sur la problématique et devrait déposer un plan d’action d’ici quelques mois, après avoir consulté le milieu, notamment les municipalités et les entreprises.

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