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28 décembre 2017

Chronique historique de la SOPABIC

Ça se passait de même dans le bon vieux temps...

Par Jocelyne Patry et Colette Légaré. Le temps des Fêtes est probablement le moment de l’année le plus chargé culturellement pour les Québécois. La Société du patrimoine SOPABIC nous propose un retour au temps de nos aïeux.

La bénédiction paternelle du Jour de l’An.
La bénédiction paternelle du Jour de l’An.
© Photo – Dessin d'Edmond-Joseph Massicotte

Le 24 décembre au soir, les paroissiens de la « campagne », bien emmitouflés et briques chaudes aux pieds, se mettent en route dès dix heures trente ou onze heures. Le père, assisté de son petit flacon de caribou, conduit ses chevaux dans la nuit noire.  Le fanal qui éclaire le chemin enneigé jumelé au tintement des grelots suffisent à rassurer la petite famille entassée dans la carriole décorée.  Lorsque les attelages arrivent en haut de la côte, les ormes de chaque côté du chemin forment comme une haie d’honneur.  Sous cette voûte naturelle, le cortège s’avance au son joyeusement retentissant des grelots jusqu’à l’église paroissiale.

L’assemblée fébrile attend avec gravité les premiers accords du « Minuit chrétien » entonné par le chantre et qui ouvre la cérémonie de la messe de minuit.  La ferveur est grande, les chants vibrants et l’atmosphère magique gagne le cœur de chacun. Pour une fois, les hommes délaissent la pipée sur le perron de l’église pendant le sermon! La naissance d’un sauveur oblige!

Après la messe et les échanges de « joyeux Noël », chaque famille amorce son retour à la maison dans une ambiance plus festive où se mêlent chants de Noël, commentaires et « tapage » de pieds et de mains pour se réchauffer!  Au bercail, une fois les bougrines enlevées et le poêle ravivé, on réveillonne de tête fromagée ou de creton tartiné sur du bon pain de ménage encore chaud!

Jour de l’An

Le Jour de l’An est LA journée la plus attendue! Au matin, habillés de nouveaux vêtements, grands et petits s’agenouillent pour recevoir la bénédiction paternelle. Après ce moment de recueillement, la fête commence par la distribution des étrennes. Puis vient la tournée de visite des parents et amis. Chaque maisonnée manifeste une joie débordante à l’arrivée des visiteurs qui lancent le traditionnel « Bonne Année et le paradis à la fin de vos jours! ».

Le temps d’un « p’tit boire » et la virée continue, jusqu’au lieu de rassemblement final, qui est souvent chez les grands-parents ou l’aîné de la famille. Un repas de fête attend alors les convives. Après le festin, la ronde des chansons à répondre ou des tablées de cartes s’enchaînent sans oublier les verres de petit caribou.  Et dès que le joueur de violon ou d’accordéon s’en mêle, rigodons et sets carrés se succèdent jusqu’aux petites heures du matin. BONNE ANNÉE!

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