Plus de 30 cerfs de Virginie abattus sans pitié

Hécatombe à Nominingue


Publié le 20 avril 2017

Un des nombreux cerfs de Virginie qui gisaient dans la neige depuis un certain temps dans un boisé de la localité de Nominingue.

©Gracieuseté

Un suspect de Nominingue aurait abattu plus d’une trentaine de cerfs de Virginie sur un laps de temps à déterminer. On ne connait pas la nature exacte de ce geste, mais la nouvelle ne laisse personne indifférent.

C’est sur le site de Facebook Spotted: Rivière-Rouge et les environs que la nouvelle a explosé. Outre les commentaires et les condamnations sans preuve, le public est outragé.

L’Information du Nord a reçu un téléphone de trois personnes qu’elle a rencontrées dans un commerce de Nominingue, des gens qui en savent plus, mais qui gardent l’anonymat pour peur de représailles.

Selon eux, les carcasses ont été repérées par des amateurs de raquettes qui ont aperçu quelques bêtes ici et là à quelconque distance chacune près de l’habitation où les coups de feu ont été tirés. Ils n’en font pas un plat, mais le mot se passe.

Quelques jours plus tard, d’autres cadavres ont été repérés et des appels au ministère de la Faune sont faits.

Aveux du suspect

Après quelques visites des agents et des interrogatoires de plusieurs personnes, toujours selon le groupe rencontré, plus de 32 cerfs de Virginie ont été récoltés à ce jour et acheminés vers Mont-Laurier pour autopsie. C’est la procédure normale dans une telle situation.

Entre-temps, les agents auraient saisi l’arme à feu du suspect pour établir un lien entre les munitions trouvées dans les corps.

«Il faut faire attention à ce qui est écrit dans le Journal de Montréal», dit un homme de 75 ans, ancien trappeur. «Beaucoup de ce qui est écrit vient du site Internet. Dire avant l’enquête que c’est à cause d’une haie, c’est un peu charrié. Chose certaine, le gars savait où tirer pour que les chevreuils ne tombent pas sur son terrain. Ça, c’est criminel dans mon livre.»

Selon des photos obtenues par L’Information du Nord, des bêtes sont tombées dans l’eau et sur la rive et d’autres dans les bois. On peut apercevoir sur certaines carcasses des points d’impact des balles, ceux visibles, à la hauteur du ventre. Ce qui expliquerait une mort lente plus loin de l’endroit où elles ont été touchées.

Si la Faune porte des accusations, elles seront au criminel. Le suspect pourrait écoper d’une lourde amende par bête abattue reliée à son arme, ce qui pourrait s’avérer compliqué, car certaines munitions pourraient avoir traversé l’animal. Une sentence pénale allant jusqu’à cinq ans pourrait aussi tomber s’il est reconnu coupable.

Selon Jacques Nadeau au ministère de la Faune, cette histoire est un «cas unique», du jamais vu. Il déplore que le suspect, qui a avoué son méfait, ait blessé les cerfs, et ce, en dehors de la période de chasse. «Il était gêné par leur présence sur son terrain» ajoutant que les voisins nourrissent les cerfs «comme s’ils n’ont rien à manger.»

Message incompris

Choqués les gens qui apprennent la nouvelle ? «Tout le monde est offusqué en tout cas, c’est sûr» lance la dame qui accompagne ledit trappeur. «C’est quand même quelqu’un que les gens connaissent. On ne pensait pas qu’il pouvait faire ça.»

La troisième personne, peu loquace, mais franche, avoue que tout ça découle du nourrissage des cerfs de Virginie tout près de leur maison ou terrain.

«Le monde y s’en câli.... Y vont les nourrir quand même après cette affaire-là, jusqu’à ce que ça arrive dans leur cour. Y comprennent pas, ce sont des cabochons. Y vont lire ton journal pis sortir les nourrir. Y devrait avoir une ligne téléphonique à la municipalité pour les stooler anonymement.»